jeudi, 13 mars 2008

PVC nocif à la santé

1224242590.jpgLe PVC (polychlorure de vinyle) est présent dans notre quotidien sous divers aspects : fenêtres, câbles électriques, tuyaux, canalisations, revêtements de sol, gouttières, emballages... C’est sans aucun doute le plastique le plus utilisé dans le bâtiment. Or, de sa fabrication jusqu'à sa gestion en fin de vie, ce matériau pose de graves problèmes de santé et d'environnement.

Les établissements hospitaliers eux aussi utilisent quotidiennement des produits ou matériaux toxiques dans leurs  constructions et pour les besoins de leurs activités de soin. On y trouve principalement les désinfectants qui demeurent des produits à risque, mais encore du PVC pour les ustensiles médicaux.

Les nombreux dangers du PVC à chacune des étapes de son cycle de vie portent avant tout sur deux mêmes causes bien spécifiques. Ce double piège du PVC a été confirmé par le Rapport d'évaluation de l'environnement n°2 de l'Agence européenne pour l'environnement "L'environnement dans l'Union européenne à l'aube du XXIème siècle" publié en juin 1999. Il demeure fabriqué :

  • à base de chlore (environ 57% de son poids).

    La production de chlore par recours à l'électrolyse à mercure implique l'utilisation de cette substance chimique toxique. Ce procédé de production de chlore participe à la pollution environnementale locale et globale par ce métal lourd dénoncé par le CNIID (1). Le chlore rend aussi le recyclage du PVC incompatible avec celui des autres plastiques.

  • et de grandes quantités d'additifs nécessaires pour qu'il soit fonctionnel dont le DEHP.

    Le DEHP  est un composant de la famille des phtalates (substances toxiques couramment utilisées comme plastifiants et assouplissants classées par l’Union Européenne en catégorie 2 : cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR)). Les objections médicales à l'utilisation de PVC sont ainsi principalement basées sur la migration de cette substance plastifiante DEHP (di-ethylhexyl-phtalate).

La présence d'une multitude d'additifs crée des incompatibilités de recyclage. Les différents flux de déchets de PVC doivent être maintenus séparés avant leur recyclage pour ne pas engendrer des produits de qualité inférieure. Le recyclage du PVC contenant des additifs toxiques entraîne la dissémination involontaire de ces additifs dans d'autres produits. Même si tous les additifs du PVC étaient sans danger, l'ingrédient de base qu'est le chlore suffit à disqualifier le PVC comme matériau durable.

En France, son usage est interdit depuis 2006 dans les jouets pour enfants de moins de trois ans, les tétines et les produits cosmétiques. Dans les structures hospitalières, aucun texte particulier ne limite son utilisation : fenêtres, revêtements de sol sont en PVC, y compris les cathéters, les poches de sang, le matériel d’intubation, de perfusion comme de dialyse notamment.

Lors du Grenelle de l’environnement, une proposition du comité pour le développement durable en santé (C2DS) a été débattue, mais non retenue en l’état pour élargir à l’ensemble du matériel médical le périmètre d’application du décret interdisant la présence de phtalates dans certains cas.

Le PVC qui a été produit par le passé commence seulement aujourd'hui à entrer dans les flux de déchets étant donné sa durée de vie moyenne de 34 ans.

Les incinérateurs de déchets hospitaliers et ménagers sont les plus grosses sources d'émission de dioxines des pays industrialisés. La forte teneur en chlore du PVC crée un risque de production de dioxines pendant l'incinération. Un incendie involontaire rejettera à son tour des dioxines et d'autres substances toxiques d’une grande gravité pour les populations. De plus, il ne doit surtout pas être mis en décharge.

Actuellement l'utilisation d'alternatives au PVC entraîne souvent des dépenses plus importantes (20 à 30 % plus élevées). Cependant, ces coûts sont contrebalancés par les réglementations et taxes qui ont été mises en place sur l'incinération et les émissions de dioxines.

La Commission Européenne s'est à nouveau penchée sur les problèmes du devenir des déchets de plastiques PVC. "Le Livre Vert sur les problèmes environnementaux du PVC" est disponible sur http://europa.eu.int/comm/environment/pvc/.

Le verre, les métaux et le papier peuvent facilement être recyclés et réutilisés. Une partie des déchets organiques peut être compostée par les particuliers comme par les collectivités. Certains plastiques comme le polyéthylène et le polypropylène peuvent être efficacement recyclés si des systèmes de collecte et de recyclage sont organisés à l'échelle régionale.

>>>>>> parmi tous les plastiques proposés à la vente, cherchez les abréviations des plastiques à toxicité moindre (PE, PP, PET pour polyéthylène téréphtalate utilisé plus dans le domaine alimentaire et textile), ou leurs chiffres correspondants (1 = PET, 2 ou 4 = polyéthylène et 5 = polypropylène) sur le produit en question, et renseignez-vous auprès du fabricant.  

CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets) :

http://www.cniid.org/

lire l’article : « PVC, c’est du passé … Oui aux alternatives »

C2DS (Comité pour le Développement durable en santé) :

http://www.c2ds.org/

Greenpeace :

En savoir + : http://www.greenpeace.org/france/